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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 13:12

Chers lecteurs,

 

Comme vous le savez déjà, c’est mon quotidien d’enseignante qui vient nourrir mon inspiration pour ce blog. Et les derniers événements m’ont donné envie de faire un petit billet sur la bête noire des professeurs, celle qui se manifeste tous les trois ans : l’inspection !

Hé oui, j’ai été inspectée la semaine dernière, c’est ma deuxième inspection depuis que je suis titulaire. Elle s’est très très bien passée pour moi alors je vais m’efforcer de dédramatiser ce moment 

 

(Avant de commencer, je précise que ce récit est purement IMAGINAIRE. Ce n'est pas le récit de mon inspection, mais seulement un texte à visée humoristique, qui est un condensé de ce que j'ai pu entendre à droite à gauche.)

 

Mais déjà, posons-nous une question fondamentale ? Pourquoi l’inspection nous stresse-t-elle autant ?

Alors oui, j’en entends déjà qui disent : « Ah moi non jamais je ne suis angoissé(e), l’inspection est un jour comme un autre je ne change pas du tout ma pratique ! » (pour lire cette phrase, prenez la voix du « blond » de Gad Elmaleh.) Mais cela doit concerner 0.2% de notre chère corporation !

Et en même temps, on est en droit de se demander pourquoi ce moment, qui est dans les textes officiels un moment dit de FORMATION, est aussi redouté. Donc « le blond » n’est pas tout à fait en tort sur ce coup !

 

Pour commencer, vous savez que vous êtes inspectable tous les 3 ans en moyenne. Donc l’année de votre inspection, vous vous attendez à tout moment à recevoir des nouvelles de votre IEN (Inspecteur de l’Education Nationale, ou ancien professeur qui a basculé du côté obscur de la force.)

Un beau jour, votre avis d’inspection arrive :

-          Chère Madame, j’ai  l’honneur de vous annoncer que vous serez inspectée à telle date. (version soft)

-          Chère Madame, j’ai  l’honneur de vous annoncer que vous serez inspectée sur telle semaine. (version gore)

-          Chère Madame, j’ai  l’honneur de vous annoncer que vous serez inspectée sur telle période. (version inhumaine)

Ben oui, déjà nous ne partons pas tous avec les mêmes chances : certains connaissent le jour de leur inspection et d’autres non…juste la semaine ou la période !

Et là, rien n’est plus pareil. Alors que vous vous efforcez de garder le sourire et votre self-control, vous reviennent en mémoire toutes les anecdotes terrifiantes qu’on vous a racontées sur votre inspecteur (souvent décrit comme un dragon sans cœur.)

Vous faites alors le point sur votre pratique, et même si vous avez conscience que vous n’êtes pas le meilleur pédagogue du monde, vous êtes quelque  peu déconcerté : vos progressions ne sont pas tout à fait à jour, vous n’avez pas fait de cahier journal depuis des lustres, votre affichage est plus que succinct…Bref ! C’est le drame !

 

Vous profitez du temps qui vous est imparti pour vous mettre à jour.  Le compte-à-rebours est lancé, il ne vous reste que peu de temps pour prouver à votre inspecteur que vous êtes le descendant spirituel de Philippe Mérieu! (ben oui il était à la mode quand j’ai passé le concours il y a 6 ans…)

Vous recommencez à potasser les programmes (ah bon ? les tables de 2 et 5 sont au programme du CP ?) et vos nuits deviennent de plus en plus agitées. De temps en temps, vous laissez trainer une oreille curieuse pour savoir comment s’est passée l’inspection d’un de vos collègues…puis vous vous surprenez à imaginer la vôtre…avec plus ou moins d’optimisme dans le scénario !

Mais après tout qu’est-ce que vous risquez ? Dans le meilleur des cas un petit moment de gloire et un point de plus sur votre note…dans le pire des cas un grand moment de solitude dans lequel on vous qualifiera de mauvais fonctionnaire ou encore de pédagogue au rabais…Au choix !

 

Le grand jour est arrivé. Vous avez choisi votre tenue avec soin (là aussi ne pas en faire trop…entre le tringale de service et le/la working-woman/man, ça vous laisse du choix), vous avez vérifié que la pyramide des âges est bien affichée, que vos fiches de préparation sont bien tapées, que votre cahier d’appel est dûment rempli (sans oublier les fameux pourcentages !!!) et surtout que vos élèves ont bien retiendu la leçon: « Alors aujourd’hui les enfants, nous allons recevoir Monsieur l’Inspecteur (le dragon) dans la classe. Son métier  (son plaisir) c’est de regarder (scruter) comment nous travaillons (comment JE vous fais travailler), il faudra être très sage (sinon les représailles seront terribles, les dragons crachent du feu et les maîtresses aussi parfois !) »

Mais à peine avez-vous terminé votre phrase que vous percevez des pas devant la porte. Votre cœur se met à battre la chamade, le brouhaha de vos élèves fait place à un silence mortuaire. La porte s’ouvre…et… ce n’est que l’ATSEM qui vient faire l’appel de la cantine ! ARGH !

 

Votre IEN est taquin, il a décidé d’arriver en milieu de matinée car il a vu sur votre emploi du temps qu’à 10h30 vous faisiez grammaire…et la grammaire, il adore ça puisqu’avant il était professeur de français en lycée (si si ! vous êtes parfois inspectée par quelqu’un qui n’a jamais fait votre métier !) Après les salutations et présentations d’usage, les sourires de rigueur, tout le monde se met à son poste : l’inspecteur derrière votre bureau avec son ordinateur portable, et vous devant vos élèves, en mode « je-suis-un(e)-pédagogue-hors-du-commun-et-je-vais-le-montrer ! »

Votre séance commence. Bien sûr, vous mettez les élèves en situation de recherche groupée, conformément aux lubies… euh théories socio-constructivistes ! Parfois, vous vérifiez du coin de l’œil ce que fait l’inspecteur : il tape frénétiquement sur son clavier. En fait il est en train de taper votre futur rapport d’inspection en même temps. La séance se poursuit sans trop d’encombres, l’inspecteur se lève et regarde votre affichage, parfois il fouille même sur votre bureau (on sait jamais sur quoi on peut tomber hein ?!) Il souffle ou se racle la gorge…mais vous gardez votre sang froid, après-tout il a peut-être attrapé un vilain virus ?!

Au bout de trois quarts d’heure/ une heure qui vous semblent être une éternité, l’inspecteur vous signifie qu’il souhaite passer à l’entretien (phase d’analyse de votre pratique). Vous répartissez vos élèves et soufflez un grand coup.

 

C’est alors que commence le fameux tête à tête, souvent perçu comme le procès de votre incompétence…ou pas !

Ce temps d’analyse de pratique va surtout être l’occasion de pointer ce qui n’allait pas. Mais ce qui est déconcertant, c’est que tout est une question de point de vue. Car ce qui est perçu comme un défaut chez un IEN, peut être une qualité pour un autre. En effet, chaque inspecteur a son « dada ». Par exemple, un IEN peut être fervent amateur de travail de groupes…donc il va vous encenser si vous en avez fait. Alors que trois ans plus tard, un autre inspecteur vous reprochera d’en avoir fait, prétextant que les élèves n’apprennent pas mieux de cette façon. Aaaaaaaaaah !! Le monde magique de l’Education Nationale !

Bien sûr l’essentiel est de se faire sa propre idée et d’être fidèle à sa façon d’enseigner mais…le jour de l’inspection, on a toujours envie de faire plaisir à celui qui nous observe du fond de la classe.

Toujours est-il que le « oui-oui Monsieur » est fortement conseillé si vous ne voulez pas vous payer une contre-inspection dans l’année. (Moment d’échange et de formation vous avez dit ?)

 

Mais finalement, après avoir écouté la longue liste de vos défauts, vous vous voyez gratifié d’une bonne appréciation et d’une note augmentée. Car le dragon peut aussi cracher un arc-en-ciel !

Et le meilleur moment, c’est quand la porte de l’école se referme et que vous vous dites que vous êtes tranquille pour 3 ans !

Alors là vous avez le droit de prendre votre voix de « blond » et de dire « Mon inspection ? Les doigts dans le nez ! ça ne sert à rien s’angoisser ! »

 

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Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Une vie de prof !
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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 11:20

Bonjour à tous !

 

Ceci étant mon premier billet de l’année, j’en profite pour vous souhaiter une merveilleuse année 2013, que vous soyez enseignants, parents, étudiants ou simple curieux ;)

 

Comme promis, je reprends du service sur mon blog après un petite période d’absence. Depuis septembre, j’enchaînais les changements de classes et d’écoles. Mais depuis janvier, j’ai récupéré une classe de CP que je garde jusqu’à la fin de l’année !

Et comme à chaque fois que j’ai un remplacement long, j’en profite pour tester ma grande pédagogie (petit clin d’œil à certains collègues qui se reconnaîtront s’ils passent par ici.)

 

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler du travail en atelier au CP. Ce sujet fera l’objet d’un autre billet pour tirer les conclusions de ce dispositif…

 

L’organisation en atelier : quèsaco ?

 

Travailler en atelier, c’est permettre aux élèves d’apprendre en petits groupes. Ainsi la classe est divisée en plusieurs groupes qui font des activités différentes : en autonomie ou de façon dirigée. On retrouve ce dispositif en maternelle, mais il peut aussi être mis en place en élémentaire.

 

Pourquoi ?

 

Ok, j’avoue, organiser sa classe de cette façon n’est pas aisé (j’y reviendrai dans le prochain point) Mais malgré tout, le bénéfice pour les élèves n’est pas négligeable :

-          Lien avec la grande-section pour les CP (qui avaient l’habitude de travailler ainsi quand ils étaient en maternelle.)

-          Possibilité de travailler en groupe et de favoriser les échanges entre pairs.

-          Meilleure gestion de la différenciation, surtout la différenciation simultanée (différenciation simultanée : faire travailler les groupes sur des choses complètement différentes en fonction de leurs besoins.)

-          Développement de l’autonomie puisque l’enseignant n’est plus avec le groupe classe entier mais seulement avec un ou deux groupes.

 

 

Comment ?

 

Alors là il faut faire le deuil des tables disposées face au tableau en mode frontal. Je sais, c’est dur ! On va donc mettre en place des « îlots », il s’agit de regroupements de plusieurs tables : par 3, 4 ou 5. Dans ma classe, j’ai fait des îlots de 5 élèves en faisant bien attention qu’ils n’aient pas à trop tourner la tête pour voir le tableau.

 

Je vous entends d’ici et je perçois votre inquiétude : des îlots de 5 avec des petits CP qui sont aussi bavards que des pies ?! Effectivement, je vous déconseille cette organisation si vous êtes en charge d’une classe difficile…Mais si vous avez des élèves lambdas (bavards comme des enfants de 6 ans en pleine santé), vous pouvez tenter l’expérience. Personnellement, j’ai toujours été agréablement surprise, car quand on réfléchi bien à l’élaboration des îlots (qui seront vos futurs groupes de travail), les élèves les plus agités peuvent être facilement neutralisés par des élèves plus sages. Un pénible, cerné par quatre petits anges, ne fait pas long feu ! Testé et approuvé !

 

L’exemple de ma classe :

 

Pour former les groupes de travail, une bonne connaissance de ses élèves est indispensable. C’est pour cela qu’il est préférable d’attendre et de laisser passer une ou deux périodes.

Pour ma part, j’ai essayé de diviser ma classe en 3 niveaux : les bons élèves autonomes, les élèves moyens, les élèves en difficultés. Bon ok, jusque là rien de nouveau !

Les « bons » élèves n’ont pas besoin de moi, ils sont lecteurs et très autonomes. Les élèves moyens sont des élèves presque lecteurs et les élèves en difficultés sont des enfants peu autonomes avec du retard pour certains, ne lisant que les sons simples et qui ont un suivi en dehors de la classe (orthophonie, CMPP etc…)

J’ai donc fait 4 îlots en mélangeant les « bons » et les « moyens » (îlots 2, 3, 4, 5) et nous avons instauré un système de tutorat entre les élèves lecteurs et ceux qui ne le sont pas encore tout à fait (aide dans la lecture des consignes, explications et du coup métacognition !! Tout le monde y trouve son compte.) Pendant ce temps, moi je suis avec l’îlot des élèves en grande difficulté (îlot 1.)

 

 

Quelle différenciation ?

 

Prenons un exemple concret de différenciation successive : une séance de productions d’écrit !

Le support est le livre de lecture du moment : Zékéyé (méthode Ribambelle qu’on ne présente plus.)

Il s’agit de s’initier à la production d’écrit à visée documentaire. L’objectif est de rédiger les légendes et explications de photos montrant des scènes de vie africaines.

Ilots 2, 3, 4, 5 : les élèves lecteurs sont laissés en autonomie, ils ont pour consigne d’écrire une légende et des explications succinctes de ce qu’ils voient. Ils disposent d’un référentiel de mots (« mes outils pour écrire ») ; les élèves moyens sont en semi-autonomie, ils m’ont dit au préalable ce qu’ils voulaient écrire, je les ai aidés avec un étayage en amont sur l’ardoise. Ils mettront au propre seuls, avec l’aide d’un tuteur si besoin.

Ilot 1 : activité dirigée avec l’enseignante. Les élèves doivent trouver une légende pour chaque photo à l’oral. La conception de cette dernière est faite avec moi  (mots à remettre dans l’ordre en collectif puis écriture sur le cahier.)

 

On travaille la même compétence mais avec des moyens et des charges de travail différents.

Une fois leur travail terminé, si je n’ai pas fini avec l’îlot 1, les élèves doivent prendre leur « pochette de travail en autonomie » (là aussi exercices différenciés en fonction des besoins) et attendre que je sois disponible pour un retour en classe entière.

 

Exemple de différenciation simultanée : une remédiation en numération.

Le mardi après-midi, nous faisons ateliers de jeux mathématiques. Les jeux portent sur des compétences différentes : certains de mes élèves savent déjà compter jusqu’à 100 et calculent très bien, quand d’autres ont encore du mal avec la comptine numérique et l’écriture des nombres jusqu’à 30 !

Chaque groupe aura donc un jeu permettant de travailler la compétence qui pose problème, ainsi les élèves avancent à leur rythme (ce qui suppose une progression adaptée…)

Exemple :

Ilot 1 : jeu de l’oie jusqu’à 30

Ilot 2 : dominos des compléments à 10

Ilot 3 : loto des additions

Ilot 4 : loto des soustractions

Ilot 5 : bataille

Les séances de jeux mathématiques sont reconduites sur plusieurs semaines pendant lesquelles les élèves vont constater (ou pas) leur progrès avant de passer à un autre jeu.

 

Les limites de cette organisation :

 

-          Beaucoup de préparation pour l’enseignant quand on a la volonté d’adapter l’enseignement à tous les élèves (progressions adaptées, rotation entre les groupes bien rodée, différenciation du travail en autonomie pour que chaque élève puisse progresser sans trop mobiliser mon aide…)

-          Rendre les élèves autonomes du mieux qu’on peut.

-          Impression de laisser de côté une grande partie de la classe au profit de ceux qui ont trop de difficultés (JADIS,  ces derniers étaient pris en charge par le RASED…espèce d’enseignants aujourd’hui disparue.)

-          Mise en place des ilots difficile si la classe est trop petite (ça prend beaucoup de place.)

 

 

 

Voilà un mois que je tente d’organiser ma classe en ateliers. Pour le moment je suis plutôt satisfaite. Mais je ferai un bilan un peu plus tard dans l’année pour aller plus loin dans cette réflexion !

 

To be continued…

Pédagogiquement vôtre...!

 


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  Robert Doinseau, La libellule, 1956

 

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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 20:48

Je profite de ce jour de "non-fin-du-monde" pour vous souhaiter de très bonnes vacances et surtout de merveilleuses fêtes de fin d'année !

Je n'ai pas été trop présente ces temps-ci car j'ai eu beaucoup de travail ! Mais, n'ayez crainte, l'inspiration est toujours là et je vous attends toujours aussi fidèles, avec de nouveaux articles dans mon cartable en 2013

 

Meilleurs voeux et...scolairement vôtre !

 

 

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Par Je veux être maîtresse
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Dimanche 7 octobre 2012 7 07 /10 /Oct /2012 11:14

Bonjour à tous !

 

Déjà un mois et des brouettes que nous avons repris le chemin de l’école, et presqu’autant que je sillonne ma circonscription quotidiennement pour remplacer mes chers collègues malades.

Et aujourd’hui, j’ai décidé de leur dédier cet article. Si ! si ! Je dédie cet article à mes chers collègues occupant un poste d’adjoint (adjoint = titulaire fixe sur une classe) A vrai dire, cela fait 5 ans que je remarque que nous, brigades (brigade = titulaire mobile et qui change de classe tout le temps), sommes source d’inspiration inépuisable pour les collègues que nous remplaçons.

 

«  Pffff…ma remplaçante  ne fait rien de toute la journée ! »

« Mon remplaçant m’a volé mon matériel d’anglais ! »

« Ces remplaçants, tous des fainéants qui font ça pour l’argent ! » (NB : un remplaçant gagne plus qu’un prof sur un poste fixe, car il est indemnisé en plus de son salaire pour la pénibilité du poste)

« Ben dis donc, ma remplaçante a eu la main lourde sur la photocopieuse ! »

 

Qu’en dîtes-vous ? Oui, VOUS, chers collègues qui lisez ces lignes ! Je suis certaine qu’une fois au moins dans votre carrière vous avez prononcé l’une de ces phrases…

Et bien maintenant, au nom de tous les brigades, à notre tour de pointer du doigt vos petits et grands défauts, vous qui croyez un peu trop souvent être au-dessus de tout reproche ;-)

 

Le coup de la sonnette : bien souvent, nous sommes avertis de nos remplacements le matin à 8h30. Lorsque j’arrive dans une école, il est entre 8h45 et 9h. Les élèves rentrant à 8h30, c’est une porte close qui nous accueille le plus souvent. Je vous rassure, les écoles marseillaises sont toutes équipées de sonnettes. Malheureusement, même si tout le monde dans l’école est au courant qu’un enseignant doit être remplacé, il n’y a PERSONNE pour vous ouvrir la porte alors que vous sonnez comme une désespérée. Mention spéciale aux matinées d’hiver lorsque le Mistral souffle à  110 km/h et que vous êtes à deux doigts de vous cryogéniser le doigt appuyé sur cette satanée sonnette… Alors chers directeurs, chers collègues, merci de tendre l’oreille et/ou d’avertir une ATSEM qu’un remplaçant doit arriver.

 

Le coup du bureau : finalement, une âme charitable a bien voulu vous ouvrir la porte. Vous pénétrez enfin dans la sacro-sainte école, puis dans la classe où vous allez officier le temps d’une journée au moins. Et là, vos yeux se posent sur le bureau…Ou plutôt sur les vestiges de Tchernobyl ! Heureusement vous êtes assez perspicace pour reconnaître ce meuble indispensable, malgré tout le bordel  qu’il y a dessus : tasses à café vieilles d’une semaine, livres et cahiers en tous genres, copies pas encore corrigées, médicaments (si ! si !), billes confisquées lors d’une récréation et j’en passe…  Vos yeux s’attardent sur un gros classeur nommé « CAHIER JOURNAL », chouette ! Enfin un enseignant qui laisse une trace de ce qu’il fait en classe (bien utile quand on remplace et c’est obligatoire soit dit en passant.) Mais une fois le classeur ouvert, votre cœur se met à battre la chamade et vous êtes pris de sueurs froides lorsque vous voyez la date : 12 septembre 1996 ! Non, vous n’avez pas pris la Delorean de « Retour vers le futur », vous êtes juste tombé sur un collègue qui ne se foule pas et qui garde les mêmes préparations depuis 16 ans ! Le genre d’enseignant qui fait la même classe depuis des lustres, par confort et peur des autres niveaux. Hé hé désolée chers collègues si vous vous êtes reconnus, j’adore citer cet exemple quand j’entends que NOUS brigades sommes des fainéants alors qu’on est obligé de faire tous les niveaux. N’est pas polyvalent qui veut  

 

Le coup de l’emploi du temps : il est 9h, nous sommes lundi matin, et pour ne pas perturber les élèves, vous cherchez ce qu’ils font d’habitude à cet horaire.  Hélas, aucune trace de l’emploi du temps ! Heureusement, il y a toujours « celui du 1er rang » (celui qu’on aime garder auprès de soi ) pour vous rappeler qu’en arrivant la maîtresse commence toujours par calcul mental. Aussitôt dit, un autre, « celui du fond », vous précise que le lundi il y a toujours sport et arts plastiques ! 

Quoiqu’il en soit, en tant que remplaçant(e) consciencieux(se), vous faites appel à votre expérience et votre connaissance des programmes ( de tous les cycles svp !) pour mettre les élèves au travail le plus vite possible.

 

Le coup de l’armoire : alors que les élèves sortent leur ardoise pour faire du calcul, « celui du fond » n’a plus son feutre Veledo. Pas de soucis, vous vous dirigez vers l’armoire de la classe pour lui en passer un mais vous découvrez avec une anxiété non-dissimulée, que cette dernière est fermée à clé. C’est bien connu, les remplaçants sont des voleurs, il vaut mieux fermer les armoires de la classe à double tours ! D’ailleurs nous avons tous un casier judiciaire florissant ! Entre-nous, chers collègues, si il y avait moins de bazar dans vos classes, vous accuseriez moins les autres de cleptomanie…

Tant-pis, « celui du fond » n’a qu’à écrire avec ses doigts ! 

 

Le coup de la photocopieuse : 10h15, c’est l’heure de la récréation ! Vous en profitez pour faire quelques photocopies contrairement aux autres qui les font à 8h avant la classe. Vous êtes content (e ) de vous, vous aviez dans votre mallette de remplaçant  une série d’exercices de phonologie, idéale pour des petits CP qui ne savent pas encore écrire en septembre. Et là…c’est le drame ! Alors que vous venez de poser le document contre la vitre, impossible de lancer la photocopie sans…le code ! Chaque enseignant a le sien et bien sûr, vous, il ne vous reste que vos yeux pour pleurer car la collègue que vous remplacez ne l’a pas laissé et personne d’autre ne le connaît. Dans 50% des cas, un autre enseignant comprend votre désarroi et vous donne le sien…dans 50 % des cas, même si vous faites semblant de râler à haute voix pour faire en sorte qu’on vous entende : « OH ZUT ! JE N’AI PAS LE CODE LA PHOTOCOPIEUSE !!! », un ange passe…

Chers collègues, une code de photocopieuse n’est pas un code de carte bleue…ce serait bien de l’afficher dans la classe pour vos remplaçants, surtout en CP où les photocopies sont indispensables puisque les enfants ne savent pas encore écrire !

 

Le coup du soutien : la matinée se termine, c’est l’heure de l’aide personnalisée ! Un collègue un peu aigri passe à côté de vous et vous rappelle d’un ton acerbe qu’il y a « le soutien de 11h30 à 12h15 » (comprenez ici : « Pas question de te rouler les pouces, tu fais les mêmes heures que nous !  »C’est bien connu, les remplaçants, s’esquivent dés qu’ils peuvent et font beaucoup moins d’heures tout en étant payés plus !)  Mais là impossible, de mettre la main sur la liste des élèves que la maîtresse ou le maître prend pour l’aide perso. Encore une fois « celui du 1er rang» sait quels sont ses camarades qui doivent rester. Mais identifier les enfants qui bénéficient du soutien n’est pas le plus dur à faire…le plus difficile c’est de deviner ce que l’enseignant(e )leur fait faire. Normalement, un document précisant tout cela est affiché dans la classe. Mais quand il n’y est pas, vous devez questionner les élèves eux-mêmes !

 

« La maîtresse elle nous fait écrire ! »

« Mais noooooooooon ! On fait des opérations ! »

« L’autre fois elle nous a fait ranger la bibliothèque ! » (OUPS)

 

Chers collègues, malgré toute la bonne volonté du monde, il est impossible de cerner les difficultés de vos élèves en 2h. Merci de laisser en vue vos fiches d’aide personnalisée, c’est toujours utile ;)

 

Le coup des toilettes :  l’heure de la pause a enfin sonné ! Il est 12h30, vous êtes partis de chez vous à 7h30 ce matin. Question : depuis combien de temps la vessie de la maîtresse / du maître est-elle pleine ? Vous partez donc en quête des toilettes. L’envie est de plus en plus pressante, mais la délivrance est proche : vous apercevez au fond de la cour la porte qui mène au Saint-Graal ! La traversée de la cour est périlleuse, vous slalomez entre les enfants déchaînés, vous esquivez ceux qui arrivent vers vous les bras grands ouverts « Maîtresse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! », vous ignorez ceux qui versent leurs larmes de crocodile (ben quoi c’est le temps cantine ! donc c’est comme si je n’étais pas là !) C’est bon, vous êtes devant la porte du pipi-room, mais la poignée est bloquée. Pourtant, les toilettes sont libres…mais là encore elles sont fermées à clé ! Et cette fichue clé est sans doute sur le même trousseau que celle de l’armoire (et peut-être que sur le porte-clé de ce maudit trousseau, il y a le code de la photocopieuse marqué dessus !!!!) ARGH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! VOUS DEVENEZ DINGUE !!!! Vous cherchez « Passe-partout » mais en vain…Là, un collègue passe (pas l’aigri, encore un autre) et vous sortez la phrase la plus équivoque du monde « Ah les toilettes sont fermées à clé ! » Et là, un ange passe…le même que pour la photocopieuse.

 

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Chers collègues, les remplaçants ne font pas la catalyse ! Alors laissez un double des clés quelque part dans l’école si vous ne voulez pas avoir une cystite sur la conscience ! 

 

Et finalement, après une journée forte en émotion, vous rentrez chez vous complètement lessivée et vous vous échouez sur le canapé…C’est alors que vous vous mettez à rêver…de devenir un jour adjoint à votre tour ;-)

 

Sans rancune !

Scolairement vôtre…

 

passe partout

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Mercredi 5 septembre 2012 3 05 /09 /Sep /2012 17:55

4 septembre 2012. Ma 6ème rentrée scolaire.


8h, dans un quartier du dixième arrondissement de la citée phocéenne.  Quelques parents sont déjà devant l’école. Dans la cour, la directrice s’affole et vérifie une dernière fois les listes de classes. Les enseignants sont arrivés depuis une bonne demi-heure, des rires éclatent dans la salle des maîtres autour d’un bon café. La photocopieuse, quant à elle, ne cesse de fonctionner. Les derniers préparatifs battent leur plein.


8h30. Le portail s’ouvre, un brouhaha d’excitation me parvient. Au loin, des mamans qui ont du mal à dissimuler leur angoisse, des papas pressés de trouver leur progéniture sur les listes et des enfants heureux et enthousiastes de retrouver le chemin de l’école.

Des couleurs…Rose, bleu, vert, rouge…Celles des cartables faisant la fierté de leurs propriétaires ! Des larmes…Celles d’une mamie émue qui voit sa petite-fille rentrer au CP. 

Des rires…ceux d’un groupe de copains racontant leurs souvenirs de vacances.


Puis la sonnerie retentit. Des rangs d’allure anarchique se forment. Quelques parents réticents, hésitent à laisser leurs enfants et à quitter les lieux. Puis, chaque enseignant arrive, toutes les classes ou presque sont postées devant un arbre, prêtent à rentrer. Le moment est solennel.

Petit à petit, la cour de récréation se vide, le bruit s’apaise pour finalement disparaître après un claquement de porte.

Le silence…et deux soupirs : ceux de deux enseignantes qui ont vécu ce moment derrière une fenêtre. La fenêtre du bureau de la directrice…


A tous ceux qui m’ont demandé comment s’était passé ma rentrée, vous venez de lire mon récit.

A tous ceux qui se demandent encore comment cette situation est possible, petit rappel du poste un peu spécial que j’occupe en cliquant ci-dessous


"Ah Mademoiselle ! c'est vous qui venez réparer la photocopieuse ?"


Bonne rentrée à tous ! Et à bientôt pour de nouvelles aventures !! 

 

images Robert Doisneau, Les écolières, 1945.

 



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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 08:22

Chers lecteurs,

 

déjà presque 2 mois que je n'ai pas donné de nouvelles...Et pour cause ! Depuis février, j'ai une classe de CM1/CM2 jusqu'à la fin de l'année !

Outre le grand bonheur que cela me procure (une nouvelle expérience, des élèves et des collègues très sympas dans une école agréable du centre de Marseille dont je tairais le nom pour préserver ce havre de paix ..!) j'ai néanmoins beaucoup de travail: cours double, passages en 6ème et j'en passe !

 

Mais je profite de cette nouvelle aventure pour tester le maximum de choses. J'avais déjà eu des CM2 il y a deux ans mais ce n'est pas mon genre de réchauffer les vieilles soupes. Du coup je mets en place des dispositifs nouveaux (chaque classe est différente donc j'adapte.)

 

Aujourd'hui je voudrais vous parler des...exposés ! Exercice d'écriture et de rhétorique intemporel auquel nous nous sommes tous adonnés un jour ou l'autre.

Dans toutes les classes où je suis passée, les élèves pouvaient faire des exposés. Dans le fond, c'est plutôt bénéfique car l'exposé est un exercice complet qui permet de travailler moultes compétences en lecture documentaire, écriture, langage oral...tout en mobilisant au maximum la motivation des élèves.

Mais bien souvent, on peut déplorer la façon dont les exposés sont préparés car là où le bât blesse c'est que les élèves sont livrés à eux-mêmes sans la moindre méthodologie.

Alors pour contourner leurs difficultés certains font faire l'exposé par papa et maman qui s'empressent d'imprimer tout ce qu'ils peuvent d'internet. D'autres, qui n'ont ni la chance d'avoir internet (ça arrive dans certains milieux) ni celle d'avoir papa et maman qui peuvent les aider, finissent par ne rien rendre.

Bénéfice 0 dans les deux cas !

 

C'est pourquoi je tiens absolument à ce que les exposés soient faits en classe ! Pour cela, j'ai débloqué une plage horaire de l'emploi du temps, le mardi après-midi pendant laquelle les enfants peuvent préparer leurs exposés avec mon aide.

La méthodologie a été travaillée en amont. Nous avons établi ensemble les règles d'une préparation et d'un exposé réussis. Les élèves ont ces règles sur leur feuille de route, ils doivent cocher au fur et à mesure de leurs avancées.

 

1/ Je choisis un thème sur lequel j'aimerais bien travailler.

2/ Je vois si d'autres camarades veulent travailler sur le même thème.

3/ J'affine mon sujet (avec le groupe si travail de groupe il y a.)

4/ J'écris 3 ou 4 questions que je me pose sur le sujet (exemple, si je veux faire un exposé sur les dauphins, qu'est-ce que je ne sais pas à leur sujet : où en trouve-t-on ? que mangent-ils ? quel est leur mode de vie ?)

5/ Je cherche des documents à la BCD ou sur internet, afin de trouver les réponses à mes questions. Si jamais, la maîtresse peut apporter des choses si je lui demande suffisamment à l'avance (si je suis bloqué.)

6/ Je fais mon plan en m'aidant des questions.

7/ Si l'exposé est fait en groupe, nous nous partageons le plan.

8/ Chaque membre du groupe écrit un résumé ou quelques notes sur sa partie, afin de s'appuyer là-dessus à l'oral.

9/ Nous montrons à la Maîtresse notre travail pour qu'elle le valide (respect des consignes, entretien avec chaque élève pour voir son investissement personnel dans le travail, validité des informations qui vont être exposées etc...)

10/ Je prépare une affiche, une expérience, un support pour étayer mon exposé.

 

Donc tous les mardis, les groupes sont en autonomie et font ce qu'il leur reste à faire (la feuille de route est indispensable), pendant ce temps, je prends les 2 groupes qui doivent passer la prochaine fois pour superviser les étapes 9 et 10  (2 groupes tous les  vendredis selon un calendrier bien défini)

Ainsi, chacun aura eu l'occasion de faire son exposé en classe de façon autonome, mais aura aussi bénéficié de mon aide et des outils de l'école si besoin.

 

C'était le première fois que je me penchais réellement sur ce type de travail. A vrai dire, c'est à la demande de mes élèves que j'ai décidé de leur faire faire des exposés. Je ne suis pas mécontente du résultat. Niveau méthodologie, ça fonctionne (j'ai même changé ma disposition de tables pour une organisation en ilôts de 5, sans regret à cette période de l'année.)

Le seul bémol que je constate, c'est la qualité de l'oral. Les enfants lisent leurs notes d'un ton monocorde, ont du mal à  s'appuyer sur leurs supports (ils font de superbes affiches mais ne s'en servent pas.)

Pour l'instant, à part l'entraînement, je ne sais pas trop quoi mettre en place pour améliorer cela.

 

Dans tous les cas, l'expérience est plutôt positive pour tout le monde ! Les élèves à l'aise se régalent d'étaler leur science (et je fais partie de ceux qui pensent que même l'épanouissement des très bons élèves est important à l'école !!!), les élèves en difficultés sont motivés pour travailler avec leurs camarades sur un sujet qui leur plaît. D'ailleurs, ces derniers adorent venir à ma place devant le tableau !

Et...j'avoue, j'ai même appris des choses...comme quoi tout le monde s'enrichit !

 

A bientôt pour de nouvelles aventures

Scolairement vôtre

 

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Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Cycle 3
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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 16:23

Chers lecteurs,

Comme beaucoup le savent, j’ai une petite expérience du multiple niveau. Par la force des choses bien entendu : d’abord avec mes débuts dans le Lot où les classes uniques de cycles ne sont pas rares, mais aussi à Marseille puisque la politique actuelle vise à favoriser les cours doubles pour diverses raisons (je ne m’étendrai pas sur ces dernières.)

Le multiple niveau effraie souvent. Pourtant, même si son utilité est discutable, on peut réellement s’en sortir et apprécier cette expérience en mettant en place quelques petites choses toutes simples pouvant grandement nous faciliter la tâche.

Et comme je fais partie des survivantes, voici les 10 commandements de… « La Maîtresse multi-tâches » (clin d’œil à mes Lamparettes)


1-      La conscience de ne pas être « wonderteacher » tu auras :

Eh bien oui… Je pense sincèrement que pour réussir le plus sereinement possible la gestion du multiple niveau, il faut garder en tête qu’on n’est pas des machines. L’équation est simple, et c’est ce que je dis aux élèves : 1 enseignant(e), 2 classes… Vouloir être partout en même temps est impossible et c’est le meilleur moyen de perdre pied. En revanche, faute de pouvoir être clonée comme Dolly la brebis, il vous faudra changer votre vision des choses et de la classe.

 

2-      Un cahier journal en bêton armé tu feras :

La principale contrainte du double niveau c’est de ne pas pouvoir être avec tous les élèves en même temps puisque les programmes et les aptitudes des élèves sont différentes (encore plus pour le CP/CE1 puisque les CP ne savent pas lire.) Il faudra donc alterner EQUITABLEMENT entre les niveaux en veillant à respecter les phases d’autonomie et d’apprentissage pur. Exemple simple : si je me lance avec mes CP sur l’étude d’un nouveau son, ce qui nécessite absolument ma présence, je ne vais pas prévoir une leçon pour mes CE1. Il faudra que ces derniers fassent un travail en autonomie sur une notion déjà abordée en amont. D’où la nécessité d’être très organisé dans son planning et d’avoir toujours en tête où en est chaque niveau dans une séquence donnée !! Pour cela, un cahier journal ultra détaillé peut être d’une grande aide, utiliser des couleurs ou les changements de caractères vous permettra d’un seul coup d’œil de vous y retrouver.

 

3-      Les programmes par cœur tu connaitras :

Tout est dans le titre : un double niveau c’est dur à gérer et il faut savoir où on va ! Pour un CM1/CM2 la frontière entre les deux programmes est mince…mais beaucoup moins évidente sur un CE1/CE2 à cheval sur deux cycles. La connaissance solide des programmes est donc indispensable pour que les élèves pâtissent le moins possible de cette organisation au niveau des apprentissages.

 

4-      A aucun favoritisme tu ne t’adonneras !!!

Comme je l’ai dit plus haut, nous sommes des humains ! Il est donc normal d’avoir des préférences pour un niveau. Mais dans un cours double, on ne choisit pas forcément. Si vous avez un CP/CE1 et que vous détestez le CP, va falloir faire avec ! Les enfants ne sont pas dupes et sont très attentifs au temps que vous passez avec eux. Ils ne tarderont pas à constater que vous passez plus de temps avec un niveau au détriment de l’autre. Il est donc essentiel de leur montrer qu’il n’en est rien, même si ils sont amenés à travailler seul la moitié du temps. Personnellement, je leur explique toujours en début d’année et pour en remettre une couche j’ai toujours un œil qui traine car même si il y a deux niveaux : c’est une seule et même classe !

Pour ma part, je n’hésite pas à beaucoup me déplacer et à passer dans tous les rangs, même si je suis en phase d’apprentissage avec un groupe. Ainsi, physiquement, vous rappelez aux enfants que vous êtes là, toujours attentifs et maître de la classe. Une petite parole à ceux qui sont en autonomie peut être la bienvenue (un petit encouragement ou un petit recadrage mais tout cela doit être succinct !)

 

5-      Ta classe spatialement tu organiseras :

Alors là c’est la remplaçante brigade qui parle : j’ai horreur quand j’arrive dans un cours double de voir que tous les élèves sont mélangés. Déjà je ne m’y retrouve pas et je passe mon temps à demander « Qui est en CM1 déjà ??? » et à mon âge c’est dommage de paraître sénile ! De plus, je ne suis pas persuadée que les élèves y trouvent leurs repères. Lors des phases d’apprentissages pures et dures (leçon), l’enseignant doit placer son regard vers le groupe concerné, et si ce dernier n’est pas bien défini spatialement ça peut être gênant.

Donc moi j’aime bien délimiter les niveaux mais cela est très personnel, l’essentiel est de trouver son organisation.

Idem pour l’affichage (mon cheval de bataille), je trouve primordial que les élèves sachent à quelles affiches se référer : pour cela on peut utiliser des couleurs différentes en fonction des niveaux ou bien des pans de murs distincts.

 

6-      Les règles tu rappelleras :

Un truc tout bête que j’ai fait en début d’année avec mes anciens CP/CE1. « Petit problème : il y a 2 niveaux mais apparemment je suis la seule maîtresse alors on fait comment ? » Et là au bout d’une dizaine de minutes pendant lesquelles ils peuvent vous sortir des choses très surprenantes (« Hé bé tu vas demander à un autre enfant de venir faire classe avec toi !! » sic) On arrive enfin, ensemble, à établir des règles de fonctionnement dont les principaux piliers sont : respect et autonomie. Si tout cela est clair dés le début, même si on doit y passer du temps, c’est du bonus pour la suite.


7-      L’autonomie tu favoriseras :

N’oublions pas que l’autonomie ça s’apprend ! Donc il faut tout mettre en œuvre pour que tous les niveaux puissent avoir toutes les clés pour travailler en silence et sans vous. Cela passe par :

-          Des règles de vie clairement établies et écrites quelque part dans la classe.

-          Des exercices exempts de notions inconnues (pour éviter d’être dérangé quand vous êtes avec l’autre groupe, les élèves doivent savoir faire le travail en autonomie…puis ça évite de les mettre en échec.)

-          Le programme de la journée écrit pour chaque niveau au tableau avec un code pour que les élèves puissent reconnaître immédiatement les phases où ils sont avec l’enseignant et les phases pendant lesquelles ils seront seuls.

-          Des activités de régulation, je détaille plus bas.

 

8-      Les temps morts tu éviteras :

« Maîtreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeesse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! j’ai fini !!!!!!!!!!!!!!!!! » Cette phrase m’a donné des frissons pendant quelques semaines quand j’avais mes CP/CE1. Le temps mort est l’ennemi numéro 1 de l’enseignant du multiple niveau. Car un élève inactif en classe, c’est un élève qui peut perturber les autres et donc le groupe avec lequel vous êtes. Pour gérer au mieux cela, j’avais mis en place « Le classeur d’activités autonomes. » Son principe est simple : chaque classe a le sien. Chaque élève a une pochette Crystal dans ce classeur avec son nom. Tous les lundis, je remplissais cette pochette de travaux divers et variés en réinvestissement. Cela me permettait aussi de différencier au sein d’un même niveau. Ce système a bien fonctionné dans ma classe. Les élèves savaient que durant les temps morts, ils devaient prendre un « travail autonome » dans leur pochette et le faire sans broncher. A la fin de la semaine, toute la pochette devait être faite (sorte de contrat.)

 

9-      Une cohésion de classe tu maintiendras :

2 niveaux mais…1 seule classe ! La cohésion de classe est aussi importante que dans un cours simple. Il ne faut pas hésiter à multiplier les expériences communes : en arts-visuels, musique, langues, EPS… Pour ma part, j’avais fait un élevage d’escargots en classe, cela a permis d’avoir une base commune en sciences. Puis encore une fois, l’enseignant montre que la classe est un groupe avec des objectifs communs, même si les programmes sont différents. Un élevage, les sorties, bref, n’importe quel projet peut faire l’affaire.

 

10-   La coopération entre les élèves tu favoriseras :

La cohésion appelle la coopération car les objectifs communs sont évidents : on est tous là pour apprendre et avancer. Donc bien souvent les grands peuvent être amenés à aider les plus jeunes. Cela peut être favorisé par un système de tutorat par binômes par exemple.

 

Et comme en pédagogie rien n’est figé, cette liste de petits conseils est tout aussi inachevée que discutable. Mais pour moi, appliquer quelques règles simples m’a permis de me régaler en double niveau et de ne plus l’appréhender…

 

Sur ces belles paroles…à très bientôt !

 

Scolairement vôtre

 

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Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Gestion de classe
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 21:00

6 ans déjà…


6 ans que j’ai décidé de me lancer dans le récit de mes aventures : mes aventures d’étudiante rêvant du tableau noir puis celles de la professeur des écoles débutante que je suis devenue par la suite.

Jamais, le 22 février 2006, j’aurais pensé que tout aille aussi vite…Le 27 juin 2007 à 12h02 jour où tout a basculé « Admise ».


Depuis, j’exerce toujours ce métier avec passion. Aucun regret, il n’y a qu’en classe que je peux être heureuse (professionnellement bien sûr.)

Certes, je n’ai toujours pas le poste de mes rêves, oui nos conditions de travail se dégradent mais je continue de venir en classe tous les matins avec le même optimisme et le même plaisir.


Ce blog avait pour but d’informer les gens sur ce beau métier, j’espère qu’il continuera de véhiculer une image positive de ce dernier encore longtemps, à travers mes expériences.


Je remercie tous mes fidèles lecteurs qui me suivent depuis 6 ans, les copines, les anciens collègues du Lot, les membres du forum « Enseignants du primaire », mais aussi ceux qui s’égarent sur ces pages grâce à Google 

Et le meilleur pour la fin : mes chers élèves et le monde de l’Education Nationale, source d’inspiration inépuisable.. !

A très vite pour de nouvelles aventures !

Scolairement vôtre !


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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 19:05

Nous l’appellerons « Lindsay ».

Une scolarité sans histoire.

Elle avait toujours aimé l’école et s’y était toujours sentie bien. Bonne élève, sage et appliquée.

C’est tout naturellement qu’après son CM2, ses parents choisirent le collège du quartier, là où son propre frère avait fait ses armes. C’est ainsi qu e les portes de l’enfance se refermèrent peu à peu pour elle.


Elle se souvient encore de sa première rentrée dans ce collège. Son père avait mis son blaser beige des grandes occasions. Pas d’angoisse pourtant, ils connaissent bien l’établissement et n’en sont pas à leur première visite, leur aîné l’a quitté il y a peu.

Quant à Lindsay, elle eut le plaisir de retrouver certains amis de l’école dans sa classe : l’enfance allait pouvoir se prolonger un petit peu. 

Mais l’adolescence est arrivée avec ses gros sabots. Les amis d’enfance sont devenus des rivaux, les sourires d’anges sont devenus métallisés, la candeur a laissé place à l’arrogance. Pourtant, Lindsay avait conservé un peu d’innocence dans ses joues roses un peu dodues. Oui, Lindsay était une adolescente un peu gauche et peu tonique. A sa décharge, elle avait subi plusieurs opérations des genoux qui l’avaient rendue un peu trop sédentaire. De ses  petites rondeurs personne ne s’en inquiétait, cela paraissait même normal pour une enfant d’origine latine.

 

Tout a commencé en 4ème, un jour de novembre.

Cours d’arts plastiques : celui où les élèves sont libres de se lever et de discuter comme bon leur semble, celui dans lequel l’enseignant joue aussi  le rôle du copain bienveillant.

Un groupe de garçons…Lindsay a secrètement le béguin pour l’un d’entre eux. Cependant, elle ne lui a encore jamais adressé la parole. Quel ne fût pas son étonnement qu’il la regarde avec insistance ce jour là. Quelques messes basses échangées avec ses acolytes, des rires.

Lorsqu’elle comprend que tout cela est synonyme de moquerie, elle ne s’en offusque pas vraiment. Au contraire, elle est ravie d’avoir attiré leur attention et d’avoir engagé la conversation. L’adolescence est cruelle car elle contraint ceux et celles qui ne rentrent pas dans le moule à accepter la méchanceté car c’est là leur seul salut…

Ce qui était au départ une simple boutade sur quelques kilos superflus, se transforma en véritable mode. Se moquer de la brave Lindsay était devenu un sport national et même ses propres amies se prenaient au jeu.  Les bourreaux étaient les mêmes, ce petit groupe de garçons « fils à papa », adulé de toutes les jeunes filles du collège.

 

Pour Lindsay, venir au collège et y travailler sereinement devint de plus en plus difficile. Pas une récréation sans rires sur son passage, pas un cours sans petits mots insultants. Lui trouver de nouveaux surnoms était le passe-temps favori de tous ceux dont l’imagination faisait rage. Se moquer d’elle était devenu normal et routinier. Pourtant, elle souffrait. En silence, certes, mais il le fallait.

Et un jour le cap de la violence fut franchi. Alors qu’elle tentait d’ignorer la bande, l’un d’entre eux la coinça dans un coin de la cour et s’en suivi une avalanche de gifles, dont elle se tira à bout de forces et de pleurs. Cette-fois s’en était trop.

 

 

Toutes ses amies lui tournaient le dos car trainer avec Lindsay c’était ringard, on ne reste pas avec les gros (sic) Ses résultats scolaires commencèrent à chuter et l’espoir de devenir enseignante, sa vocation depuis toujours, s’éloignait petit à petit.

Elle se souviendra toujours de sa professeur principale de 3ème, lui brandissant la brochure du L.E.P du coin : « Tu ne pourras jamais entrer dans un lycée général avec tes notes, et encore moins devenir professeur ! » lui avait-elle dit. Lindsay serrait les dents. Il restait encore peu de temps à tenir, elle cachait toujours sa souffrance à sa famille car elle avait honte, honte de courber l’échine, honte de s’être laissée faire.


« Dégage sale grosse ! » Ce sont les paroles qui précédèrent le violent coup de poing que Lindsay se reçut sur la joue un jour où elle se trouvait un peu tr

 

op sur le passage d’un des bourreaux.

C’était fini. Elle ne pouvait plus cacher ce qu’elle vivait : cette marque rouge allait témoigner pour elle. Elle n’eut pas grand-chose à dire devant ses parents qui apprirent ainsi l’enfer qu’elle vivait.

Pourtant, les choses n’évoluèrent pas vraiment. Les menaces de son père et les rendez-vous avec la conseillère d’éducation n’y firent rien.

Malgré tout, Lindsay avait un projet : celui de redoubler pour laisser partir ceux qui incarnaient son calvaire.

 

Et c’est ce qui arriva.

 

 

 

Après son redoublement, Lindsay a intégré un lycée général et perdu ses bonnes joues. Aujourd’hui, elle est enseignante et exerce son métier avec passion.

Elle n’en veut pas à ses bourreaux, juste aux adultes, à  la communauté éducative qui a fermé les yeux et qui n’a rien fait pendant ces deux longues années. Son salut, elle le doit à elle seule et à sa volonté de s’en sortir. Elle sait que d'autres n'auront pas cette chance, en témoignent les récents suicides enfin médiatisés.

 

 

Du haut de son 1m72 pour 53 kilos, elle regarde avec compassion (grâce aux réseaux sociaux), ceux qui lui ont fait du mal devenus obèses (si ! si !) ou encore chômeurs… La roue tourne !

Dans tous les cas, elle s’est promis une chose : le harcèlement scolaire n’aura jamais sa place dans sa classe…


 

Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que fortuite.

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Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Actualités éducatives
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 17:40

Chers lecteurs,

 

cela faisait un petit moment que je souhaitais vous faire-part d'une de mes découvertes !

Avec ma classe de CP/CE1, j'ai eu l'immense plaisir d'aller tous les lundis à la...piscine ! Et là je vois certains de mes collègues frémir Oui, accompagner sa classe à la piscine génère bien souvent un stress chez les enfants mais aussi chez les enseignants !

Comment ne pas avoir en tête le pire, l'actualité n'aidant pas à rester zen.

 

Pour une fois, je salue une formidable initiative de l'IA de l'académie de Marseille qui a mis en place: les brigades bleues !

 

Késako ??

 

Petit rappel, un enseignant brigade est un enseignant remplaçant (et titulaire comme les autres) qui tourne en fonction des besoins (c'est ce que je suis.) L'année dernière, l'IA a lancé un appel à candidature pour des brigades entièrement détachées aux activités de natation. Un enseignant spécialisé qui mettrait sa passion des activités nautiques au profit des collègues angoissés.

Ainsi, 8 brigades bleues triées sur le volet ont été choisies, chacune rattachée à une piscine de Marseille. Toute la journée, ce(tte) collègue prend en charge les différentes classes qui défilent pour faire leur séance de natation hebdomadaire.

Et je dois dire que cela est carrément génial !

Pour ma part, j'ai eu la chance de faire connaissance de Carole, une collègue super dynamique et passionnée (ancienne prof d'EPS) qui a mis en place une séquence adaptée au cycle 2 et prenant appui sur l'album à nager: Le fabuleux voyage de Lola.

 

Le fabuleux voyage de Lola est un album édité par la revue EPS pour les cycles 2. On y suit les aventures de Lola, une loutre aventurière et de ses copines les souris peureuses. Comprenez que Lola = l'enseignant qui maîtrise la situation, les souris trouillardes = les élèves

Lola accompagne ses amies pour un voyage à travers la mer et les rivières. A chaque étape, une problématique exprimée par Têtanlère, une petite souris qui ne sait pas nager et qui a très peur: est-ce que l'eau peut rentrer dans mon corps ? est-ce que je peux rester au fond de l'eau ? est-ce que mon corps flotte ?

Et chaque problématique sert de point d'appui à la séance.

Notre séquence s'est faite sous forme de parcours qui reprenaient ce que faisaient Lola et les souris dans le livre.

Ainsi les enfants ont pu s'identifier aux personnages et surtout mieux exprimer leurs peurs.

 

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Je recommande vivement cet ouvrage à tous les enseignants de cycle 2 qui doivent se lancer dans une séquence de natation. Il permet d'ancrer les séances dans de réelles situations en prenant compte le ressenti des élèves.

Vous pourrez le commander sur le site de la revue EPS link

 

Pédagogiquement vôtre

Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Cycle 2
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 00:00
Chers lecteurs,


je profite de ce week-end prolongé pour vous donner quelques nouvelles et surtout pour faire part de notre nouveau projet !
Etant donné que je change de niveau tous les ans...je me suis enfin rentré dans le crâne qu'il fallait mettre à profit cette "chance déguisée" (oui oui...car devoir s'adapter tous les ans à de nouvelles classes n'est à priori pas une mince affaire), pour tester des projets dans tous les niveaux ! Après-tout, rien de mieux pour parfaire mon expérience didactique...

Les sudistes (et les autres peut-être?) savent bien que depuis 9 jours, nous sommes sous une pluie diluvienne !!!
A force d'entendre les marseillais dire: " Aya !! (NDRL: interjection locale) i nous reste plus qu'à aller aux escargots peuchère !!!!" Cela m'a donné une idée: faire un élevage de gastéropodes avec mes CP/CE1 !



Bien sûr quand on décide de se lancer là-dedans on se heurte à l'incompréhension du commun des mortels (je revois encore mon mari très perplexe quand il m'a vue partir à la chasse dimanche dernier.)
Mais mes amis "instits" savent de quoi je parle: quoi de mieux qu'un élevage en classe pour étudier le monde du vivant en sciences ??
Au moins les escargots c'est facile, gratuit et intéressant !

Alors voici un petit tutoriel pour les collègues égarés par ici qui voudraient se lancer dans un élevage d'escargots:

I / Ce qu'il faut savoir avant de partir à la chasse:

Oui on trouve des escargots partout où il y a un peu de verdure, sauf quand les températures descendent en dessous d'une dizaine de degrés (à ce moment là ils hibernent.) On les trouve en général une heure après une bonne pluie.
Attention, le ramassage des escargots est réglementé   Voici l'arrêté: arrêté du 24 avril 1979
Mais je suis sympa je vous résume, en gros pas le droit de ramasser les escargots de Bourgogne pendant l'été et les escargots dont la coquille a un diamètre inférieur à 3 cm en toute saison.
Bon, je ne connais personne qui s'est fait verbaliser pour avoir ramassé un escargot encore mais en bonne fonctionnaire je vous rappelle la loi

II / Installer le terrarium:

Le mieux est de prendre un aquarium de taille moyenne (pour 10 escargots maximum) avec un couvercle aéré si possible pour éviter toute fugue !
Voici les étapes indispensables pour faire un chouette terrarium et éviter toute altercation avec Brigitte Bardot (d'ailleurs si elle passe par ici...)

1 / Répartir uniformément au moins 5 cm de terre (terreau de préférence biologique)
2 / Recouvrir la terre de feuillage ou de mousse
3/ Installer une grosse pierre ou un pot de terre pour qu'ils puissent ramper dessus, se cacher...
4/ Vous munir d'un vaporisateur pour humidifier le terrarium tous les 2 jours. Les escargots ont besoin d'humidité sinon ils se renferment dans leur coquille et peuvent y rester 3 ans !!! (si ! si !)

Le terrarium doit rester à une température comprise entre 15° et 23° pour que les escargots se croient encore à la belle saison même en hiver

Et si vous avez suivi ces étapes à la lettre, vous devriez avoir un terrarium qui ressemble un peu à celui-ci:





III / Comment festoyer quand on est un gastéropode ?

Bien sûr il faut déterminer cela avec les élèves qui ont des idées farfelues pour certains ! Tout le monde sait que les escargots mangent de la salade, mais pas uniquement !
En ce qui nous concerne, nous faisons des hypothèses et on teste ! Chaque jour on regarde ce qui a été mangé dans le terrarium et on le note sur une affiche. Les enfants découvrent au fur et à mesure.
Mais bon, l'enseignant doit bien évidemment connaître leur régime alimentaire avant de faire la séance. L'escargot est végétarien il mange la salade, la tomate, la banane, le concombre...Et pas les chips et le chocolat ( pas évident à comprendre quand on a 6 ans ! )

IV / Entretenir le terrarium:

Oui élever des escargots c'est marrant ! Mais n'oublions pas ce que ce sont des êtres vivants et qu'ils ne font pas la catalyse !!!! Donc, attendez-vous à faire le ménage toutes les 48 heures car ces p'tites bêtes là sont très sensibles à la moisissure (la nourriture doit être changée tous les 2 jours car avec l'humidité elle peut moisir) et à enlever les excréments car quand on est végétarien on a un bon transit !!!!!!! 
Les enfants nettoient le terrarium le mardi et le vendredi selon un protocole très strict (oui je sous-traite c'est ça la pédagogie !!! )

V / Quoi observer ?

Voici un bref résumé de ce qu'on peut faire en CP/CE1:

1 / Découverte du terrarium et des escargots: schématisation de leur anatomie et apprentissage de ce qu'est un schéma scientifique ou dessin d'observation ("Non Yasmine tu vois bien que les escargots ne sont pas roses avec des cœurs !!!")
2/ Détermination de leur régime alimentaire
3/ A quoi servent leurs 4 tentacules et les 2 orifices ? (les enfants pensent que les escargots voient grâce à leurs "antennes" mais nous verrons avec une expérience que ce n'est pas tout à fait vrai...)
4/ Comment se déplacent-ils ? (très sympa à observer à travers les parois transparentes du terrarium.)
5/ Comment se reproduisent-ils ? (sur ce coup j'espère qu'on aura des œufs ! C'est tout à fait possible quand les escargots sont élevés dans un milieu favorable.)


J'essaierai de vous tenir au courant de nos trouvailles ! Pour le moment les enfants sont ravis de cette cohabitation, et les leçons de sciences prennent plus de sens et de peps !
Quelques photos de nos nouveaux copains !

Pédagogiquement vôtre

 
Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Cycle 2
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 00:00
Bonjour à tous !


voilà plus de 4 mois que je n'ai pas donné de nouvelles. Je m'excuse donc auprès de mes fidèles lecteurs qui me suivent depuis bientôt 6 ans. Bon, dans les 4 mois il y a eu 2 mois de vacances, pendant lesquelles j'ai dit "oui" à mon "Mister right". Et j'ai bien dû mettre autant de temps pour descendre du nuage.

Mais loin de moi l'idée d'arrêter ce blog et de narrer mes palpitantes aventures de prof-ultra-motivée-qui-a-encore-la-foi !

Mon année en petite section est maintenant derrière moi. C'était fabuleux ! Année scolaire pendant laquelle je me suis régalée de voir mes 30 loustics grandir et devenir élèves petit à petit.
J'ai donc abordé la rentrée 2011 dans le flou total, comme chaque année, puisque je suis toujours brigade !
Jusqu'au 1er septembre où j'ai appris finalement que j'avais un double niveau CP-CE1 dans une école où j'étais il y a deux ans. Chouette !!!
Je vous passe l'euphorie des 1ers instants (elle était sincère) parce qu'elle a vite laissé place au...rush ! Et pour cause, j'ai dû préparer en 3 jours ce que d'autres ont fait pendant l'été...La classe était vide de chez vide (une création), pas d'affichage, des bureaux immenses et même pas à la taille d'élèves de 6/7 ans, aucun manuel ! Bref...le quasi néant ! Ah si j'oubliais, il y avait quand même une dizaine de cartons "Charlemagne" (clin d'oeil aux initiés) d'une quinzaine de kilos en moyenne qui me faisaient les yeux doux. Les fameuses commandes que j'ai mis une journée entière à déballer et ranger.

Heureusement, l'idée d'avoir un double niveau ne m'a pas effrayée car souvenez-vous d'où je viens...J'ai fait mes premières armes dans le Lot, département ultra rural dans lequel le multiple niveau est juste LA NORME !

Le 5 septembre, j'ai donc fait connaissance avec mes 23 élèves (6 CP et 17 CE1.) Je suis contente, après avoir fait du CM2, de la petite-section, je goûte aux joies du cycle 2 ! A vrai dire, 6/7 ans c'est un bon âge: les enfants sont un poil autonomes mais pas encore passés du côté obscur !! Ils ont encore des visages d'anges, malgré leurs sourires édentés (eh oui les dents ça tombe à c't'âge-là ! ) Hannah Montanna et Justin Bieber n'ont pas encore contaminés leurs jolies âmes (même si Hello Kitty et les Winx ne sont pas loin...) Et comble du cliché, un enfant de 6 ans ça joue toujours aux billes !!!!!

J'ai mis un mois à prendre mes marques et je sors enfin la tête de l'eau.
La période 1 se termine et je n'ai pas vu le temps passer.
Il faut dire que les journée en double niveau c'est du sport !!!
On passe notre temps à jongler d'un niveau à l'autre et à gérer les phases d'autonomie. En gros, on ne se pose jamais !
Les nerfs sont mis à dure épreuve car les CP doivent apprendre à lire (donc ils ont besoin de moi) mais les CE1 doivent aussi avancer dans leur programme (ils ont besoin de moi aussi !) Pas évident de leur faire comprendre que je ne peux pas être avec tout le monde à la fois. Les CE1 ont dû apprendre très vite à travailler seul et à ne pas répéter sans-cesse, le sempiternel "Maîtreeeeeeeeeesse ! j'ai finiiii !!!" pendant que toi tu essayes d'expliquer aux CP que "T et A ça fait TA !!!!"
Bref, tout un art que celui d'enseigner en multiple niveau ! En général on met en avant ses avantages mais je ne suis pas certaine qu'un seul et unique enseignant pour deux niveaux distincts avec deux programmes différents soit la panacée...Mais bon, ici à Marseille, ça évite de se retrouver avec 30 élèves par classe en CP

Donc voilà les dernières nouvelles ! Je viens de vivre ma 5ème rentrée scolaire et j'avais toujours le sourire donc l'année se passera bien, c'est certain !
A très bientôt

Scolairement vôtre...

Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Une vie de prof !
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 00:00

Chers lecteurs,

 

cela fait un petit moment que je ne vous ai pas donné quelques nouvelles. J'ai toujours une bonne excuse me direz-vous

Entre le travail de l'école et ma vie personnelle, j'avoue que j'ai du mal à tenir à jour mon blog plus d'une fois par mois.

 

Tout va bien dans notre classe de Petite section ! Plus qu'un mois et demi de classe et les enfants ont encore franchi un cap: ils deviennent élèves, autonomes bref ! On est loin des débuts d'année "bureau des pleurs".

Nous sommes toujours très occupés avec notre projet jardin, même si nous sommes venus à bout du Concours "Marseille en fleurs"

Petit rappel des faits, nous devions créer une "jardinière à manger" avec des graines fournies par la Mairie. Cette jardinière devait aussi faire preuve d'un certain esthétisme.

Ma collègue de l'autre classe de PS et moi-même, nous sommes donc mises au travail. Nous avons fait les plantations dans le jardin de l'école avant de les repiquer quelques temps plus tard dans la jardinière: herbes aromatiques, fraises, tomates etc...Bien sûr ce que vous voyez ci-dessous n'a pas encore beaucoup poussé !

Puis, nous l'avons conçue comme une ferme miniature (les enfants ont réalisé les barrières, ont aidé à l'aménagement de l'espace etc...)

Le concours a réuni 5000 enfants de 3 à 11 ans, de plusieurs écoles maternelles et élémentaires marseillaises. Au total, 208 classes ont participé.

 

Verdict: nous avons eu le prix spécial du jury !!!!!!!!!!! Donc 4 écoles ont gagné, dont la nôtre !

Notre jardinière a été exposée quelques temps au Parc Borély, avec les autres gagnantes.

Donc voilà, c'est notre petite fierté !

 

Et pour mes amies/collègues qui me l'ont demandé, voici quelques photos de notre oeuvre !

 

Merci pour vos lectures et à bientôt !

Scolairement vôtre

 

DSC01939bis.jpg

 

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Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Cycle 1
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Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 00:00

Bonjour à tous !

 

même si la météo n'est pas au beau fixe en ce moment, nous pensons déjà au printemps ! Plus que 10 jours avant son arrivée officielle.

L'occasion d'enfin montrer à mes petits élèves, notre jardin.

Oui, à Marseille, 2e métropole de France, nous faisons du jardinage à l'école ! Bon, nous sommes loin des luxuriants jardins campagnards mais bon, nous avons au moins un petit terrain que nous avons partagé en 4 parcelles d'environ 10 mètres carrés. Chaque section a la sienne.

Notre école participe au projet "Défi plantations" de l'Inspection académique, et ma classe participe au concours "Marseille en fleurs". Inutile donc de préciser que le jardinage fait partie intégrante de notre quotidien.

Mon école se situant en ville, rares sont les enfants qui ont la chance d'avoir un jardin à la maison. Pour la plupart d'entre eux c'est THE découverte !

Bon, pour l'instant, notre parcelle ressemble à un terrain vague miniature

Mais le printemps approchant, il est temps d'aller y semer quelques merveilles: bulbes de fleurs, graines en tout genre. Il y a une partie de notre parcelle dédiée aux fleurs, et l'autre au potager.

Les enfants font des hypothèses sur ce qui va pousser et expérimentent divers outils: pelle, rateau, plantoir, arrosoir etc...

Cependant, nous avons voulu qu'il y ait une finalité à ce défi plantations.

Ma classe va donc réaliser un livre à la manière de "Toujours rien " de Christian Voltz (Editions du Rouergue). Cet album raconte l'histoire d'un petit personnage qui se languit que sa petite graine pousse. Comme nous !!

 

Mes collègues vont faire un documentaire et un livre de recettes. Enfin, nous organisons au mois de juin une dégustation de produits de notre jardin, où tout sera préparé en classe par les enfants (et nous mêmes ! l'an prochain, peut-être le concours Top Chef ? )

Tout cela peut vous paraître bien ambitieux vue les photos ci-dessous mais...rendez-vous d'ici un mois et je vous montrerai (du moins je l'espère) un beau jardin verdoyant !

 

Merci de vos lectures fidèles, déjà 5 ans que ce blog existe !

Scolairement vôtre...

 

          

 

Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Cycle 1
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 00:00

Bonjour à tous,

 

aujourd'hui mon blog va se transformer en blog culinaire ! Et pour cause, le mois de janvier a été l'occasion de travailler sur la galette des Rois !

Mais force est de constater que les traditions diffèrent d'une région à l'autre... Etant toulousaine, j'ai toujours été habituée à manger la "Limoux" mais AUSSI la "Frangipane" ! La Limoux n'est autre que la brioche recouverte de sucre en forme de couronne (mais ici à Marseille on l'appelle "brioche" tout simplement) et la "Frangipane" est la galette en pâte feuilletée, fourrée d'une préparation à base d'amandes (entre autres.) Quelle n'a pas été ma surprise en arrivant en Provence, de constater que la Frangipane était très peu répandue ! En effet, ici, la galette traditionnelle est la brioche recouverte de fruits confits (celle que moi j'appelle "Limoux" mais j'ai arrêté de la nommer ainsi... car personne ne me comprenait )

J'ai donc décidé de faire découvrir la Frangipane à mes élèves. Et comme point de départ, inutile de vous présenter l'indémodable "Roule Galette" !!! L'album du Père Castor nous conte l'histoire d'une Frangipane espiègle et téméraire !

 

 

Donc voici notre recette, et j'aime autant vous dire que nous nous sommes régalés ! Ni trop grasse, ni trop sèche, cette frangipane, facile à faire avec des enfants, est largement à la hauteur. L'occasion pour les élèves d'acquérir un certains vocabulaire relatif aux ustensiles de cuisine et aux ingrédients. Bien sûr, tout a été relaté dans le cahier de vie en dictée à l'adulte (façon album-écho )

 

Galette des rois à la frangipane: (2 pâtes feuilletées ; 2 oeufs moyens ; 100g de poudre d'amandes; 70g de beurre ramolli; 100g de sucre; 1 cuillère à soupe de sirop d'orgeat)

 

  1 / Etaler une pâte feuilletée (de préférence sur une plaque)

 

 2 / Casser 1 oeuf entier et un blanc d'oeuf dans un saladier (réserver le jaune d'oeuf restant pour dorer la galette)

 

 3 / Verser 100g de poudre d'amandes et une cuillère à soupe de sirop d'orgeat (ça c'est ma touche perso !)

 

 4 / Ajouter 70g de beurre fondu.

 

 5 / Et enfin verser 100g de sucre en poudre.

 

 6 / Mélanger jusqu'à ce que la préparation soit homogène.

 

 7 / Etaler le contenu du saladier sur la pâte étalée précédemment.

 

 8 / Recouvrir le tout avec la 2e pâte feuilletée. Bien sceller les bords (avec un peu d'eau.) Puis, peindre la galette avec le jaune d'oeuf et faire un quadrillage dessus (comme ça on valide une compétence de plus en graphisme )

 

 9 / Enfourner une trentaine de minutes à 200°.

 

Et voilà ! si vous suivez cette recette dans les règles de l'art, vous pouvez faire une Frangipane tout à fait comestible ! Mes élèves ont adoré la faire, et ils en reparlent encore !

 

A bientôt pour de nouvelles aventures...Scolairement vôtre

 

 

Par Je veux être maîtresse - Publié dans : Cycle 1
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  • : Je suis professeur des écoles depuis bientôt 6 ans, ce blog me suit depuis la licence. J'ai voulu relater au fil de ces années mon parcours, dans le but d'informer les gens intéressés par ce beau métier. J'ai actuellement un poste de titulaire mobile. ©Tous droits réservés. Les textes sont la propriété exclusive de leur auteur.
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